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ARTIST'S STATEMENT Stephane Mehl
Les
papiers peints, qui en principe sont du domaine de la décoration,
présentés comme support d’art. En ce début de XXI° siècle où Art et sexe entrent souvent en conjonction, Stéphane Mehl nous donne à voir une série de travaux venant interroger l’image de la femme, du couple et le rapport à la sexualité. Les « papiers peints » qui seront présentés en Janvier 2003, à la galerie Adam street(Londres) sont des impressions sur papier, tissus, plastiques, mêlant toile de Jouy ou soie empire et pin-up. Alors, deux images de la femme entrent en confrontation. La toile je Jouy représentant des scène badines et bucoliques nous renvoit à l’amour courtois à la française, alors que les pin-up nous posent plutôt face à l’image de la « femme-objet » qui trouve sa source dans le modèle américain de l’après deuxième guerre mondiale et qui a encore cours à notre époque. Ces créations proposées comme des « papiers peints » nous invitent à les exposer dans un salon, salon, siège du foyer, de la vie familiale. Ainsi, par extension ils questionnent notre rapport à la sexualité telle qu’elle se conçoit dans le couple, encore souvent sous l’égide de la vieille dichotomie « la maman et la putain ». Ces objets d’apparence décorative viennent à prendre une valeur subversive en faisant entrer le sexe dans un lieu de convenance, de consensus qui l’ignore et le pose en tabou de coutume. Et au-delà de ces implications thématiques, c’est l’Art que viennent interroger ces travaux, ce que nous, en tant que spectateurs avertis ou pas, considérons comme Art. En effet, ces objets présentés comme décoratifs par la dénomination « papiers peints » mettent en jeu une certaine attente du spectateur dans l’espace muséal, attente d’un objet toile peinte, avec une signature spécifique et reconnue. Enfin, ces « papiers peints » réalisés par principe sériel, posent un rapport entre création et production, tout à fait central dans notre société de consommation. Dans ses travaux, Stéphane Mehl a su remettre en question une certaine image de la femme bien commune aux hommes, et en parallèle, vient interroger la position de l’Art dans notre société. Céline Levy Bosio
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